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J'aurais pu être une bitch...

Mais je ne peux pas, je suis bouddhiste.

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Un jour mon prince viendra et on divorcera...

Un jour mon prince viendra et on divorcera...

Samedi soir, j'ai reçu un texto qui m’a désappointée. Après être allée au cinéma voir « A la merveille » de Terrence Malik, ma meilleure amie, complètement déprimée, m’annonçait qu’elle ne croyait plus en l’amour. Oui, puisque ça finit toujours !

Ne plus croire en l’amour à 25 ans, c’est moche. Qu’est ce que je pouvais bien lui répondre ?

Qu’en effet, l’amour peut ne pas durer. Mais qu’il peut aussi durer ! Et que même si ce n’est pas le cas, ne vaut-il pas la peine d’être vécu ? Après tout, des ruptures, tout le monde en vit tous les jours. C’est dur pendant un moment, mais on fini toujours par s’en remettre !

Pour autant, depuis quelques temps, je dois avouer que moi aussi j’ai peur de perdre l’être aimé. Plus encore, j’ai peur de m’engager… Souvenez-vous, de nos jours, DEUX MARIAGES SUR TROIS FINISSENT PAR UN DIVORCE comme dirait l’autre.

Mais la vie est ainsi faite que quelques heures plus tard, blottie dans mon lit, la réponse à nos angoisses est venue à moi, toute seule, comme une grande.

Chez les bouddhistes, il existe un concept fondamental, celui de l’impermanence. En gros, tout change, rien n’est jamais statique. Prenez une graine, elle se transformera en fleur, puis fanera.

Qui étiez-vous il y a six mois ? Cinq ans ? Dix ans ? Nous sommes d’accord, il se peut que vous ayez beaucoup changé.

Eh bien il est de même pour tous les phénomènes de la vie, qu’ils soient agréables ou non. Le problème, c’est que la plupart du temps, nous tentons de résister à ces changements : Certains ne veulent pas vieillir, perdre leur situation, user leur jean préféré, d’autres ne veulent pas voir la passion s’atténuer.

Et c’est justement cette résistance qui créé de la souffrance. Résister au changement inévitable, c’est comme s’évertuer à remonter le fort courant d’une rivière : fatiguant, douloureux et voué à l’échec.

Dans « L’Art du bonheur », Howard Cutler, psychiatre, s’entretient avec le Dalaï-Lama, rien que ça ! Et dans un passage intitulé « Résister au changement » il nous donne le secret de "l’amour-toujours" en évoquant le cas d’une femme divorcée qu’il a reçue en consultations :

Quand il lui demande ce qui les a menés au divorce, elle répond :

« Nous avons cessé d’être amoureux […] Petit à petit, l’histoire d’amour s’est éteinte. Nous n’avions plus la même intimité qu’au début de notre mariage. Nous étions tous deux très pris par notre métier et par notre fils, et peu à peu nous nous sommes éloignés l’un de l’autre. Nous avons eu recours à quelques séances de conseil matrimonial, sans succès. Nous nous entendions, mais à la façon d’un frère et d’une sœur. Je ne me sentais plus amoureuse, pas comme dans un mariage digne de ce nom. En fin de compte, d’un commun accord, nous avons estimé qu’il valait mieux divorcer. »

Face à ce cas, Cutler fait remarquer qu’en dépit d’une affection évidente entre cette femme et son mari, « ces derniers ont interprété un changement de degré dans la passion comme le signe que leur mariage devait prendre fin. Trop fréquemment, nous interprétons l’affaiblissement de la passion comme le signal d’un problème fatal au couple. Et trop souvent le moindre souffle de changement vient susciter un sentiment de panique, l’impression d’une erreur radicale : et si, après tout, nous n’avions pas choisi le bon partenaire ? Le conjoint ne ressemble plus à la personne dont on est tombé amoureux. Les désaccords surgissent. On découvre des différences passées inaperçues jusqu’alors. […] Rien n’est plus comme avant : pourquoi ne pas divorcer ? »

Finalement, c’est tellement facile et commun de nos jours, n’est-ce pas ?

Il poursuit : « […] un couple est lui aussi un système vivant et dynamique, composé de deux organismes liés l’un à l’autre au milieu d’un environnement qui n’est pas moins vivant. Il est naturel que le couple traverse des étapes successives. […] A l’évidence, la passion initiale est une source immense de plaisir, mais lorsqu’elle refroidit, au lieu de s’en inquiéter ou de s’en agacer, pourquoi ne pas s’ouvrir à de nouvelles formes d’intimité qui peuvent se révéler tout aussi satisfaisantes, sinon plus ? On peut aimer son partenaire moins comme un amant que comme un compagnon, et tirer ainsi grand profit d’un amour plus stable, d’un lien plus profond. »

Enfin, attention, ce passage est vraiment bon :

« Le couple ne se basera plus sur la passion intense, sur la vision de l’autre en tant que perfection incarnée, ou sur le désir de fusion. En échange, on est désormais en position de vraiment connaitre l’autre – de le voir tel qu’il est, avec ses défauts et ses faiblesses, un être humain comme soi-même. Ce n’est qu’à ce stade que l’on est en mesure de s’engager sincèrement auprès de l’autre – un véritable acte d’amour. »

Et quelques lignes plus loin… J’apprends que, deux ans après sa dernière séance de thérapie, la femme en question s’est remariée… avec son ex-mari.

Alors l’amour, ça change, ça évolue, ça rencontre des hauts et des bas, mais ça peut bel et bien durer toujours. Encore faut-il y croire et le vouloir !

A nos amours !

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